Enjeux forestiers régionaux face au changement climatique
La région Nouvelle-Aquitaine est devenue, avec la fusion des anciennes régions, Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin, l’une des plus forestières d’Europe. Avec près de 3 millions d’hectares, elle appartient à plus de 90 % de propriétaires privés. La filière forêt bois joue un rôle essentiel pour l’économie et l’emploi local. Les craintes faces au changement climatique portent essentiellement sur le Pin maritime liées aux tempêtes et aux risques sanitaires.
De manière moins marquée, les précipitations semblent se réduire, particulièrement dans la moitié Sud de la France, ce qui entrainerait une « méditerranéisation » du climat et par conséquent de la végétation. Le régime des vents serait également perturbé. Il semblerait que les incendies récents au Portugal et en Espagne soient liés aux vents du Sud accentués. On constate également une explosion depuis le siècle dernier du nombre d’insectes pathogènes introduits dans différents pays.
Sylvain Gaudin © CNPF
Espaces de dialogue multi acteurs
Abordant l’adaptation au changement climatique dans leurs échanges
- AcclimaTerra : comité Scientifique Régional sur le Changement Climatique. Comité qui réunit des scientifiques bénévoles en région Nouvelle-Aquitaine pour apporter aux acteurs du territoire des connaissances nécessaires aux stratégies d’adaptation au changement climatique. Ils ont écrit deux rapports (2013 et 2018) ainsi que des cahiers thématiques sur les impacts du changement climatique en NA et comment l’anticiper, les deux rapports ont un chapitre sur les forêts. Un cahier thématique sur la Biodiversité est en préparation (2024). Ce comité participe à deux projets européens et à plusieurs projets en NA. Il n’y a pas de projet spécifique sur la forêt et son adaptation au changement climatique.
- Néo Terra : initiative lancée par la Région Nouvelle-Aquitaine en 2019 pour accompagner les acteurs publics et privés dans la transition environnementale et sociale. Le projet à six ambitions, notamment la première sur les ressources naturelles avec un objectif sur la biodiversité dans laquelle on trouve une partie sur la forêt. Néo Terra est en collaboration avec l’ONF pour la gestion durable de la ressource Forêt (2022-2027).
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Xylofutur : pôle de compétitivité créé en 2005, espace d’innovation dans la filière forêt-bois-chimie. Xylofutur concentre 250 adhérents et son objectif principal est la mise en relation des acteurs entre eux, dont les acteurs de la recherche et du privé. Ils participent à la mise en place de projets collaboratifs entre leurs adhérents, au partage d’information et à la mise en relation des adhérents sur des projets européens ainsi qu’à l’accompagnement de Start-ups. Ils organisent aussi des séminaires projets pour que les acteurs puissent communiquer les résultats de leur projet à la fin de celui-ci.
Anne GENEIX © CNPF
- Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest par Fibois Landes de Gascogne. Le syndicat est présent sur 3 départements (Gironde, Landes et Lot-et-Garonne et représente près de 6000 adhérents (65% de la forêt privée). Il veille aux intérêts des propriétaires sylviculteurs.
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Groupe d’intérêt scientifique Pin maritime du futur (GIS PMF) : créé en 1995 et réunit l’INRA, le FCBA, l’ONF, le CPFA et le CNPF. Il a pour objectif, de contribuer à l’adaptation du système de production du pin maritime aux nouveaux contextes économiques et environnementaux (usages des produits, durabilité et changement climatique).
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Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC) : initiative transfrontalière de coopération territoriale de la Communauté de Travail des Pyrénées (CTP) qui a commencé en 2010. Cette initiative réunit les régions de la Principauté d’Andorre et les régions françaises de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Occitanie, ainsi que les communautés autonomes espagnoles Aragon, Catalogne, Euskadi et Navarre. Cet observatoire a pour objectif de réaliser un suivi du paysage pyrénéen et de participer à une meilleure compréhension du changement climatique pour aider le territoire à s’y adapter.
Claire Broqué © CNPF
Il existe aussi dans chaque département des CETEF (Centre d'Étude Technique Environnemental et Forestier) et dans chaque région une CRFB (Commission régionale de la Forêt et du Bois) qui peuvent proposer un espace de dialogue pour les acteurs forestiers régionaux.
Projets et initiatives régionales
| Année | Projet | Coordinateur | Partenaire | Financement |
| 2016-2019 | FOREST CO2 : Quantification des puits de carbone forestier et développement des systèmes de compensation comme outils d’atténuation du changement climatique. | Région de Murcia (Espagne) | Olivier Gleizes, CNPF-IDF | LIFE |
| 2016 | CASTELDIAG : Faisabilité du diagnostic de l'état sanitaire des peuplements par télédétection : exemple du châtaignier en Dordogne | Michel Chartier, CNPF-IDF | RMT AFORCE | |
| 2015 | CARAVANE : CAtalogue RAisonné des VAriétés Nouvelles à Expérimenter | Brigitte Musch, ONF | RMT AFORCE | |
| 2015 | MULTIRISKS : Evaluation et atténuation des risques multiples en forêts de plantation | Hervé Jactel, INRA | RMT AFORCE | |
| 2011-2014 | Création de l’observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC) : Lancement de l’observatoire avec identification de trois indicateurs du changement climatique (phénologie, état sanitaire, aire de distribution des essences) | Forespir | Région Midi-Pyrénées, Région Aquitaine, Région Languedoc Roussillon, MAAF, Fonds national d'aménagement et de dev du territoire, UE FEDER Interreg Poctefa, Cooperacion territorial Espana, France, Andorra, Gobierno de aragon, Generalitat de Catalunya | |
| 2009-2012 | REINFFORCE : RÉseau INFrastructure de recherche pour le suivi et l'adaptation des FORêts au Changement climatiquE | Christophe Orazio, EFI ATLANTIC | INTERREG IV B | |
| 2008 | CLIMAQ : Adaptation des forêts d’Aquitaine au changement climatique | Yves Lesgourgues, CRPF Aquitaine | Xylofutur | |
| ECOSYLVE-XYLOSYLVE : Construction d’une plate-forme de développement et évaluation d’options de sylviculture dédiées à la production de biomasse forestière et ses utilisations (énergie, fibre, bois, autres). | Xylofutur | |||
| Si vous avez connaissance de projets, n’hésitez pas à nous les signaler à rmt-aforce@cnpf.fr | ||||
Focus sur quelques actions menées en interrégion
- FIRE-RES : projet européen qui comporte 11 laboratoires vivants. Sur la zone des Landes de Gascogne, mis en place par l’IEFC, ce living lab rassemble de nombreux partenaires : la Région Nouvelle-Aquitaine, le Syndicat du bassin d’Arcachon, le Parc Naturel des Landes de Gascogne et la Communauté de Mimizan. Ils travaillent sur l’utilisation de logiciels de modélisation pour permettre une meilleure prévention des incendies sur le territoire.
- SUPERB-BOCAGE FORESTIER : collaboration entre 36 partenaires de 16 pays sous la direction de l’European Forest Institute avec une coordination par Wageningen Environmental Research. En NA, ce projet se traduit par un living lab par l’INRAE, Alliance Forêt Bois et l’IEFC cherche à expérimenter le déploiement de lisières feuillues et étudier leur impact sur la biodiversité et la résilience des peuplements de pin maritime dans les Landes. Ce living lab inclue de nombreux partenaires comme SEPANSO, le Parc Naturel Régional (PNR) des Landes de Gascogne, le CNPF, l’ONF et la Société Forestière ainsi que de nombreux autres acteurs de la filière forêt-bois. L’un des financeurs du projet est notamment Néo Terra. Il y a eu pour le moment 2 COPIL sur les objets et méthodes du projet et sur la mise en œuvre des actions. Deux présentations en sont ressorties : une sur l’Intérêt écologique des lisières par l’INRAE et l’autre sur les Problématique technique à l’installation des lisières par l’AFB.
- Projet CONQUETH : entre 2017 et 2021, ce projet se propose, dans les régions concernées de rechercher les liens éventuels entre l’évolution du climat et celle de la ressource en chênes sessile, pédonculé et pubescent, de préparer l’installation d’un réseau trans-régional d’expérimentations visant à évaluer les impacts de techniques sylvicoles sur la croissance et/ou l’implantation du chêne pubescent, de repérer des peuplements source de graines et d’organiser leur évaluation pour aider aux choix des provenances à privilégier en plantation, d’établir la table de séchage du bois de pubescent, et de créer et d’utiliser des outils pédagogiques destinés à la sensibilisation ainsi qu’à la formation d’un large public.